le syndrome de l'imposteur en doctorat

Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur en thèse et comment le surmonter en thèse ?

le syndrome de l'imposteur en doctorat

Tu as déjà eu cette voix te disant : « Quelqu’un va se rendre compte que je ne suis pas aussi doué qu’ils ne le pensaient, que je suis incompétent et que j’ai peu de connaissance. Ils vont découvrir que je ne mérite pas d’être ici, que je ne suis pas à ma place, que je suis ici par chance et ne suis pas à la hauteur, tous le monde va s’en rendre compte. » Peut être que tu ressens ce que l’on appelle le syndrome de l’imposteur. Dans cet article, nous allons voir son origine, les comportements qu’il peut engendrer et la solution pour surmonter le syndrome de l’imposteur.

L’origine du syndrome de l’imposteur ?

Tout le monde doit passer par là et apprendre à le gérer. Avoir le syndrome de l’imposteur en thèse est même une indication de ta bonne santé mentale. C’est normal d’avoir ce syndrome de l’imposteur en thèse, tant qu’il ne devient pas pathologique et que nous ne passons pas notre temps à nous répéter « Je suis faux, menteur, pas à ma place… », car il ne faut pas oublier le pouvoir des prophéties réalisatrices. Ton attention défini ta réalité.

Chacun ressent le syndrome de l'imposteur en thèse

Il y a de nombreuses raisons d’avoir le syndrome de l’imposteur en thèse :

  • Expériences passées
    • Commencer à faire de la recherche
    • Avoir des antécédents d’études différents du sujet actuel
    • Ne pas être un expert dans le domaine en question
    • Avoir peu d’expérience dans le domaine
    • Grimper un échelon dans la hiérarchie
  • Environnement et surmoi (super égo)
    • Culture compétitive, groupe compétitif
    • Dynamiques familiales : famille très exigeante, avec des attentes très hautes
    • Dynamiques sociétales : Être le premier de son groupe à le faire, prenant des chemins atypiques
    • Ne pas avoir de modèle à suivre
    • Impression de ne pas appartenir au groupe
    • Ne pas appartenir au groupe
  • Soi-même
    • Vouloir accomplir énormément
    • Être dur envers soi-même
    • Avoir peu de compassion envers soi-même
    • Avoir le trait de personnalité névrosisme élevé

Le syndrome de l’imposteur peut aussi toucher les personnes névrotiques plus facilement. Le névrosisme est un trait de personnalité reflétant notre sensibilité au stress et ressenti d’émotions négatives. Quelqu’un de très névrotique va se sentir en danger plus facilement. L’échelle du névrosisme et inversée à celle de l’estime de soi. Quelqu’un de très névrotique risque de douter de lui et donc ressentir le syndrome de l’imposteur.

Syndrome de l’imposteur pendant le doctorat

Il n’est donc pas surprenant que la plupart des doctorants ressentent ce syndrome un jour ou l’autre pendant leur thèse. Un doctorant a une mission nouvelle et difficile à accomplir et ne maitrise pas encore les compétences et n’a pas non plus les connaissances nécessaires pour accomplir cette mission avec succès. Le doctorant peut donc avoir l’impression de ne par mériter cette position. Il a l’impression que les autres lui attribuent des qualités et compétences qu’il n’a pas et va donc avoir l’impression d’être un imposteur et a peur que les autres découvrent son imposture. Il risque d’avoir l’impression de ne pas mériter le succès qui lui arrive et va l’attribuer à des facteurs externes comme la chance, les autres, la préparation, etc.

C’est pour cela que ces doctorants disent ne pas se sentir à la hauteur. Ils pensent être censés tout savoir et tout maitriser. Ils ont l’impression de ne pas savoir assez de choses et qu’ils devraient savoir plus et maitriser plus de compétences. Ces personnes ont donc le sentiment de ne pas être à leur place, de ne pas mériter d’être là, d’être des imposteurs. Cependant, ces personnes oublient quelque chose de très important que nous allons voir tout au long de l’article.

Si tu es dans cette situation, je t’invite à lire cet article attentivement, car il va te donner les clés nécessaires pour surmonter ce syndrome de l’imposteur en doctorat.

Les comportements engendrés par le syndrome de l’imposteur en thèse

Le syndrome de l’imposteur en thèse peut engendrer des comportements qui ne sont pas forcément bons.

le syndrome de l'imposteur en thèse

1. Travailler tout le temps pour compenser et devenir un expert

Avoir de syndrome de l’imposteur en thèse peut survenir, car nous avons l’impression de ne pas mériter d’être là où nous sommes. Nous avons donc peur de montrer nos inexpériences et manque de connaissances. Pour compenser ce manque de connaissance, nous allons décider de travailler d’arrache-pied, de travailler tout le temps. Cette stratégie peut être bonne au court terme, car elle va te permettre d’apprendre énormément et de développer de nombreuses compétences rapidement. Cependant, il ne faut pas que ça tombe dans l’excès, car les conséquences peuvent être néfastes, résultant à de l’anxiété, du stress et à terme un burnout en thèse.

Est-ce que tu fais ce qui suit :

  • N’ose pas postuler aux positions si tu n’as pas tous les prérequis
  • Cherche constamment des entrainements et certifications pour améliorer tes compétences pour réussir, mais du coup n’avance pas dans ta thèse
  • Même si tu connais bien ton sujet, tu as le sentiment de ne pas savoir assez
  • As l’impression de ne pas connaitre ton sujet
  • Impression de ne rien savoir et de manquer de compétences

2. Être perfectionniste

Le syndrome de l’imposteur en thèse et le perfectionnisme vont souvent main dans la main. Les perfectionnistes ont des objectifs excessivement difficiles pour eux même et veulent toujours faire mieux et s’ils échouent, ils vont douter d’eux-mêmes. Ils vont viser à tout faire parfaitement pour essayer de s’assurer que tout le monde voit qu’ils savent déjà faire et maitrisent déjà tout. Ces personnes ne sont donc jamais satisfaites avec leur travail et perdent beaucoup de temps. Le perfectionnisme en thèse est très courant parmi les doctorants.

Est-ce que tu fais ce qui suit :

  • micromanagement
  • Difficulté à déléguer
  • Relis ton brouillon d’articles ou email 15 fois pour être sûr qu’il soit parfait
  • que tu doives être parfait à 100 %
  • Doute de toi quand tu n’as pas réussi le mieux possible et n’as jamais satisfaitPerfectionnisme en thèse

3. S’isoler et être individualiste

D’autres personnes vont décider de s’isoler et de travailler seules pensant qu’elles doivent tout faire seules et ne doivent pas demander d’aide aux autres, car demander de l’aide serait un signe de faiblesse et d’échec.

Est-ce que tu fais ce qui suit :

  • Pense que tu dois tout accomplir par toi même
  • Que tu n’as pas besoin de l’aide des autres

4. S’engager et participer à autant de projets que possible

Nous risquons aussi de penser devoir être capable de tout faire rapidement et que si nous prenons du temps à faire une tache, nous sommes mauvais et des imposteurs. Nous voulons donc tout réussir du premier coup et tout faire bien directement, ce qui est impossible. Cela peut paralyser.

Est-ce que tu fais ce qui suit :

  • Vouloir exceller sans effort
  • Habitué à avoir des résultats/notes excellentes
  • On t’a souvent dit que tu étais le plus intelligent
  • Tu n’aimes pas trop l’idée d’avoir un mentor ou superviseur, car tu peux faire les choses seul
  • Quand tu rencontres des difficultés, est-ce que ta confiance en prend un coup, car tu te sens honteux de ne pas toujours tout faire parfaitement
  • Tu évites de faire certaines choses, car tu ne veux pas rencontrer l’inconfort d’essayer ces nouvelles choses, car tu pourrais ne pas exceller au début

5. Penser être un super héros

Nous risquons aussi de penser que les autres nous voient comme sachant déjà tout faire. Nous allons donc ressentir de la pression et travailler autant que possible pour nous montrer à la hauteur de ce que nous pensent les autres pensent de nous.

Est-ce que tu fais ce qui suit :

  • Rester le plus longtemps possible au bureau pour X ou Y raison
  • Stresse quand tu ne travailles pas et trouve les pauses inutiles
  • Abandonne tes activités, hobbies et passions pour ton travail
  • Que tu ne mérites pas ta position donc tu dois travailler encore plus pour prouver ce que tu vaux

Ces personnes sont souvent accros à la validation provenant de leur travail et non au travail en tant que tel.

Ce qui risque d’arriver si ces comportements prennent l’ascendant

Décider de cacher son ignorance et sa vulnérabilité

Le comportements mentionnés ci-dessus sont engendrés par cette peur de ne pas être à ta place, d’être un imposteur. Cette peur est normale. C’est la peur de montrer sa vulnérabilité. C’est la même peur qui touche Adam et Eve après avoir mangé le fruit de la connaissance du bien et du mal. Ils vont réaliser leur nudité et donc vouloir cacher leur vulnérabilité.

Cependant, la résultante des comportements engendrés par cette crainte peut être mauvaise :

  • Travailler sans arrêt
  • S’isoler
  • Peur de montrer nos travaux par peur qu’ils ne soient pas parfaits
  • Se sentir minables si nous n’y arrivons pas du premier coup
  • Vouloir y arriver seul, car demander de l’aide serait faire preuve de faiblesse.
  • Penser que tout le monde attend de nous de tout savoir et tout maitriser, d’être bien meilleur que nous ne le sommes réellement aujourd’hui.

Le point commun entre chacun de ces comportements est que nous essayons de cacher notre ignorance, de cacher que nous ne savons pas, que nous avons besoin d’aide, que nous n’avons pas encore développé les compétences nécessaires pour être un chercheur. C’est là qu’est tout le problème du syndrome de l’imposteur, c’est qu’il peut te faire mentir et les conséquences de ces mensonges peuvent être néfastes au court et long terme.

La vérité éclatera au grand jour

Au lieu d’oser révéler notre ignorance, nous prenons donc la solution, qui nous semble sur le moment la solution de facilité, consistant à mentir et dire que nous comprenons et savons déjà le faire, avons déjà les compétences et connaissances. Par exemple, dire à son superviseur que nous avons compris ce qu’il vient d’expliquer et que nous connaissons cette méthode, alors qu’en vérité nous n’avons pas la moindre idée de ce que c’est. Cette réponse est naturelle est provient du syndrome de l’imposteur, car nous avons peur, sommes anxieux et décidons donc de vouloir cacher notre ignorance, car nous pensons devoir déjà tout savoir-faire (ce qui est faux).

Nous décidons donc de porter une cape, un déguisement, et donc de jouer un rôle, un rôle que nous ne maitrisons pas par peur de révéler notre ignorance et de montrer nos limitations

Pinocchio_1940

Cette réaction peut engendrer de nombreux problèmes :

  • Ralentir notre progrès pour notre doctorat et comme nous le savons, le temps passe très vite en thèse, il vaut mieux optimiser son temps.
  • Personne n’est dupe, et les gens se rendent compte que nous essayons de cacher quelque chose
  • La vérité éclatera tôt ou tard et l’on risque de perdre la confiance des personnes concernées, car elles ne pourront plus discerner si nous disons « oui » pour faire plaisir et par peur ou parce que nous avons vraiment compris.

Nous devons donc éviter de renter dans ce cercle vicieux du « je dis que je sais faire ce que je ne sais pas faire », car il nous portera défaut.

Il arrive de faire des erreurs. La solution est de révéler ce que nous avons fait, de révéler que nous ne savons pas et que nous avons voulu cacher notre ignorance par peur. En général, les personnes sont très compréhensives.

Dans les parties suivantes, nous allons voir comment surmonter le syndrome de l’imposteur et donc éviter de développer les comportements qui y sont associés !

Le point clé à comprendre sur le syndrome de l’imposteur en thèse

Lorsque nous commençons notre doctorat, tout le monde sait que nous venons de commencer, que nous venons probablement de finir notre master, que nous arrivons dans un univers nouveau, tout en bas de l’échelle académique. Les attentes ne sont pas aussi hautes (elles sont même assez basses) que nous ne l’imaginons lorsque nous commençons. Bien sûr que nous risquons de nous sentir comme des imposteurs, car nous venons de commencer cette transition, ce nouveau rôle. Mais nous ne devons pas présumer plus de connaissance et compétence que nous n’en avons.

Nous devons nous nous rappeler que le but du doctorat est justement d’apprendre à devenir un jeune chercheur indépendant. Le parcours doctoral est donc une initiation durant laquelle nous allons nous façonner et développer l’esprit d’un chercheur. Nous ne sommes pas sensés déjà être un chercheur indépendant, sinon ça ne servirait à rien de faire un doctorat. Nous devons répéter et relire ce paragraphe de nombreuses fois pour recadrer notre état d’esprit dans cette optique, car cela va nous aider à nous apaiser.

Nous souffrons souvent plus de notre imagination que de la réalité Seneque

La solution pour sortir du syndrome de l’imposteur

1. Dire la vérité et surtout ne pas mentir

Si tu ne sais pas quelque chose, sois humble et dis-le, si tu es perdu, sois humble et dis-le. Car quiconque demande, reçoit. De plus, sois honnête, si tu ne sais pas, dis-le ! C’est cette honnêteté envers toi-même et autrui qui va te faire surmonter ce que l’on appelle « le syndrome de l’imposteur ».

Si tu acceptes d’être nouveau et de ne pas savoir aujourd’hui, à la place de le cacher (imposteur et menteur) et décides de le dire (honorable), tu ne seras ignorant qu’une fois. Si tu travailles avec des personnes compétentes, elles vont prendre le temps de t’expliquer et seront compréhensives. Bien sûr, soi concentré et à l’écoute, si tu ne sais pas et ne comprends pas quelque chose, dis-le. Ça montre de la lucidité, car tu n’es pas attendu de tout savoir. Ne sois pas comme Pinocchio. Ne sois pas un menteur.

Donc sois vaillant et ose dire si tu ne sais pas. Ose révéler ton ignorance !

Bien sûr, révéler ses limitations demande du courage et de la bravoure, mais c’est en faisant cela que tu vas grandir et murir le plus rapidement. Sois bien à l’écoute de ton âme, car il arrive que ton cerveau essaie de te convaincre que ton mensonge est pour la bonne cause, ce qui est rarement, voire jamais, le cas. Il est en effet parfois plus facile de garder un mensonge que de dire la vérité. Cependant, cela ne fonctionne qu’au court terme (et encore…), car au long terme, le mensonge te fera du tort.

2. Accepter d’être un débutant

Comme le disait Jung : « The fool is the precursor to the savior. » Oui, c’est normal d’être un débutant, un apprenti, lorsque nous commençons notre doctorat. La thèse est un nouveau projet et nous devons accepter d’être un débutant aujourd’hui pour pouvoir devenir un expert demain. Comme mentionné ci-dessus, le but de la thèse est de devenir un chercheur indépendant, ce qui implique que nous ne sommes pas encore des chercheurs indépendants et que nous devons donc apprendre. Pour Carl Jung « The fool is the precursor to the savior »

Pour être grand, il faut avoir été petit.

Pour être grand, il faut avoir été petit

Il faut donc accepter de prendre ce rôle d’apprenti. Nous sommes ici pour apprendre et tout le monde le sait. Tout le monde (incluant nos superviseurs) sait que le doctorant ne sait pas et personne ne pense que nous sommes censés savoir tout faire. Tout le monde s’y attend et c’est pour cela que nous avons des superviseurs, pour nous aider et nous guider. C’est leur rôle dans notre voyage, notre mythe de la thèse.

C’est la position que j’ai décidé de prendre dès le début de mon doctorat, révéler mon ignorance. Pour faire cela, je passe mon temps à poser des questions, peu importe la simplicité ou non de cette question. Cela m’aide à gagner énormément de temps. N’oublie pas qu’en thèse le temps est court. Je t’invite à faire de même, à demander à ceux qui savent au lieu de devoir tout découvrir par toi même. C’est comme cela que nous pouvons devenir des chercheurs indépendants. Si nous maitrisions déjà tout, à quoi bon faire un doctorat ?

Apprenti en thèse

Adopter cette approche aide nos collègues doctorants à réaliser  qu’eux aussi peuvent montrer leurs limitations et leur ignorance. Nous allons donc entrer dans un cercle positif d’entraide et d’honnêteté. C’est bien plus sain.

Révèle ton ignorance et prends ce rôle d’apprenti. 

3.    Se former !

Une autre façon de surmonter ce syndrome de l’imposteur est de se former. Se former pour devenir un expert dans notre domaine et maitriser les compétences nécessaires pour réussir notre doctorat et être un bon chercheur.

Compétences à développer :

  1. Organisation en thèse
  2. Planification en thèse
  3. Rédiger en thèse
  4. Lecture d’articles scientifiques
  5. Rédiger sa revue de littérature en thèse

Une fois que nous avons développé les compétences, tout ira pour le mieux, car nous saurons comment agir. Ne pas avoir les compétences est une raison majeure de procrastination en thèse.

4.     Sois l’acteur de ton propre idéal

“Every great man is an actor of his own ideal” Nietzsche

« Every great man is an actor of his own ideal » Nietzsche

Chacun doit être l’acteur de son propre idéal. Pour le doctorant, supposons que l’idéal soit d’être un chercheur indépendant et de compléter le doctorat. Dans ce cas, nous devons agir comme si nous étions déjà un des chercheurs indépendants. Nous devons prendre ce rôle jusqu’à le maitriser. C’est l’étape nécessaire pour atteindre un niveau plus élevé, une nouvelle étape dans notre parcours. C’est comme cela que nous prenons nos responsabilités. Évidemment, cela ne veut pas dire que nous devons mentir. Nous devons continuer à agir pour être dans le vrai et donc ne pas nous comporter comme si nous savions tout. Le principe est d’agir proactivement pour devenir compétent, pas d’être arrogant et présumer plus que nous ne savons. La sagesse vient en disant lorsqu’on ne sait pas pour pouvoir être aidé.

Un chercheur indépendant et mature passe son temps à poser des questions aux autres, car il sait que chacun à une sagesse à apporter. Les personnes compétentes passent leur temps à révéler leur ignorance.

5.     Compare-toi à qui tu étais hier et non aux autres.

Chacun a un parcours tellement unique et une vie tellement unique, qu’il est impossible de se comparer aux autres correctement. En effet, il y a tellement d’aspects dans la vie de chacun, que même si l’un a l’air d’exceller dans sa rédaction et dans sa thèse, cela ne veut pas dire pour autant que sa vie est parfaite. Lorsque nous regardons les autres, nous avons tendance à voir ce que nous voulons voir et donc nous voyons à quel point ils réussissent par rapport à nous et à quels points, ils sont géniaux, mais on ne sait pas la vérité.

Donc compare toi à qui tu étais hier. Regarde tes progrès, tes avancements. Chaque mois et chaque année, prends le temps de penser à ce que tu as déjà accompli et qui tu es devenu. Clique ici pour aller plus loin sur ce sujet.

6. Affronter nos peurs pour devenir plus fort

Pour chacun de nos problèmes, de nos peurs et insécurités, il y a 3 réponses classiques : fight, flight, freeze. Chacune de ces réponses peut avoir un avantage selon la situation. La stratégie d’évitement est classique en doctorat, car il y a de nombreuses choses à apprendre. C’est pour cela que l’on procrastine en thèse. La procrastination est une stratégie d’évitement durant laquelle notre amygdale (région cérébrale s’activant en cas de danger) prend le dessus sur notre cortex frontal (impliqué dans les décisions logiques, rationnelles et cartésiennes). C’est pour cela que les jeunes sont anxieux, car leur cortex frontal est encore en développement (développement se terminant vers 25 ans).

Décider d’ignorer ses problèmes risque inévitablement d’empoisonner le futur. Ignorer le problème ne le fait pas disparaitre, il le renforce. Le dragon grandit lentement mais surement et devient de plus en plus fort et de plus en plus difficile à ignorer. C’est l’inondation qui arrive. C’est pour cela qu’il vaut mieux construire son arche en thèse, qu’il vaut mieux se préparer.

dragon à affronter thèse

La solution est donc de ne pas  ignorer nos problèmes et de décider d’agir dès lors qu’ils se présentent à nous. Pour triompher du danger, il faut s’y exposer. L’idée n’est pas de ne plus avoir peur, mais de se renforcer et de devenir plus brave et courageux ! D même, à force de le faire, nous nous rendrons compte que ce que nous pensions être dangereux ne l’était pas vraiment. C’est à cause de cela que nous procrastinons en thèse.

Il vaut mieux affronter le dragon lorsqu’il est encore jeune et petit.

Questions à te poser :

  • Quelles actions évites-tu de faire par peur que l’on se rende compte que tu es un imposteur ?
  • Quelles actions pourrais-tu faire aujourd’hui pour avancer dans ta thèse ?
  • À qui pourrais-tu demander de l’aide ?
  • Quels problèmes je décide de mettre de côté ?

7. Sois optimiste en tes capacités

Il est important de rester optimiste en ses capacités.

Être optimiste requiert d’être courageux. Admettre que tout ne va pas pour le mieux, que tu as un problème à résoudre, que tu as compris ce qui ne va pas et que malgré tout, tu as confiance en tes capacités d’améliorer la situation. C’est cela d’être optimiste en thèse.

Être optimiste ne consiste pas à dénier et à rejeter la réalité. C’est croire en ses capacités d’agir de la bonne façon pour créer un futur positif.

Être optimiste en thèse c’est :

  1. Reconnaitre le problème
  2. Avoir foi en ses capacités de gérer ce problème
  3. Agir
  4. Avoir foi dans les capacités de notre futur soi

Je t’invite à aller lire cet article sur l’optimisme en thèse pour faire face aux problèmes que tu rencontres pendant ton doctorat.

8. Deviens membre de ton groupe

Pour surmonter ce sentiment d’imposteur, nous pouvons aussi décider de faire notre possible pour nous adapter, immerger et intégrer le groupe. Pour cela, nous devons ne pas nous isoler, travailler en équipe, contacter un maximum de personnes pour demander de l’aide, proposer son aide, montrer que nous existons. As-tu l’impression d’appartenir à ton groupe ?

9. Synchronise tous les esprits qui sont en toi

Le sentiment d’imposteur provient d’un conflit interne. Conflit entre différentes parts de toi. Conflit entre ce que tu penses et tes actions. Tu te retrouves donc à te mentir à toi même, soi par tes pensées soit par tes actions, car elles sont en désaccord. C’est pour cela qu’il faut aligner toutes les parts de toi pour quelles soient en accord avec toi même. Pour Freud, l’esprit humain est divisé en une multitude d’esprits plus petits, chacun ayant un rôle à jouer. Pour s’épanouir et agir, il faut les synchroniser vers un même objectif et un même but. Une fois tes esprits alignés, tes pensées et actions seront en synchrone et tu n’auras plus le sentiment d’être un imposteur. C’est pour cela qu’il faut changer son état d’esprit par rapport à la situation.

  • Je suis censé tout savoir et tout maitriser. –>
    • Je suis un débutant, ici pour apprendre et j’ai confiance en mes capacités à apprendre.
  • Quelqu’un va se rendre compte que je ne suis pas aussi doué qu’ils ne le pensaient et que je ne sais pas ce que je fais.
    • –> C’est normal de ne pas encore savoir car le but du doctorat est justement d’apprendre. Ce n’est qu’une question de temps avant de je ne comprenne et y arrive.
  • Je ne sais pas ce que je fais. Quelqu’un va s’en rendre compte, je dois cacher mon ignorance.
    • –>Je ne sais pas encore ce que je fais. C’est normal car le but du doctorat est d’apprendre donc je révèle mon ignorance aujourd’hui pour ne plus être ignorant demain.
  • Je dois tout faire seul et cela doit être parfait.
    • –> J’ai besoin des autres, donc je pose autant de questions que possible et demande à recevoir du feedback pour développer mes compétences rapidement.
  • Je ne suis pas à la hauteur et ne suis pas à ma place car je ne sais pas ce que je fais et je n’ai pas les connaissances et compétences nécessaires.
    • –> J’ai les capacités à apprendre.
    • Syndrome de l'imposteur en doctorat Syndrome de l'imposteur en thèse

Règle tes conflits internes

Régler ses conflits internes est difficile. Il faut apprendre à s’écouter et à écouter avec authenticité chacune de nos pensées. Il faut analyser chaque pensée et essayer de la comprendre en allant à la racine du problème. Comprendre l’origine de cette pensée puis rationaliser et la recadrer si la racine du problème est non fondée.

Va à la racine de chaque pensée négative, décortique là et aligne là avec toi même (les autres parts de toi) et avec tes vrais désirs.

Par exemple, si tu peur de ne pas être assez bon, demande toi pourquoi tu penses cela, quel est le but de cette pensée, de quoi cette pensée veut elle te protéger ? Tu as peut être peur de montrer ta vulnérabilité. C’est pour cela que tu décides de la cacher car montrer sa vulnérabilité peut s’averer dangereux (e.g. peur de l’humiliation sociale). Il faut ensuite rationaliser. Il faut rationaliser et recadrer cette pensée en y ajoutant du positif tout autour.

Une fois que chacune de tes pensées négatives seront comprises, intégrées et recadrées, toutes les parts de toi, tous les esprits qui sont en toi pourront s’unir pour agir vers un but commun.

Pour Freud, il fallait unir ses différentes parts de soi : le moi (égo-principe de réalité), surmoi (super égo, juge moralisateur), et le ça (Id- principe de plaisir). L’union de ses esprits permet de développer une puissance créatrice, organisée et individualiste permettant d’agir sans dissonance cognitive, donc d’etre en accord avec soi meme et donc de ne plus avoir de conflit interne ca le tout est unifié.

Fable de l’âne et du lion

Ane vétu d'une peau de lion

« Un âne se vêtit de la peau d’un lion. Et tous pensaient : “Voilà le lion.” Bêtes et gens s’enfuyaient devant lui. Le vent souffla, la peau s’entrouvrit et l’âne apparut sous la peau. Les gens d’accourir et de rouer l’âne de coups. »

Ce que cette histoire révèle c’est qu’un âne seul n’est pas un imposteur. Un âne représente l’ignorance du doctorant lorsqu’il commence son voyage. Ce n’est pas un problème d’être ignorant. Ce qui fait que l’âne devienne un imposteur, c’est de vouloir se faire passer pour un lion, de vouloir cacher son ignorance en portant une cape, une peau de lion. La peau de lion représente le comportement que le doctorant adopte en ayant ce syndrome de l’imposteur. L’âne a énormément de conflit interne et est perdu, il ne sait plus comment il doit se comporter, il décide donc de porter un masque, de ne pas être qui il est vraiment. C’est une réaction naturelle mais qui peut devenir pathologique.

C’est là tout le paradoxe du syndrome de l’imposteur, car c’est le comportement engendré par celui qui peut nous faire devenir des imposteurs en décidant de porter cette peau de lion, d’adopter ces comportements potentiellement néfastes. Nous devenons des imposteurs en jouant à qui nous ne sommes pas. De plus, comme nous l’avons vu, la vérité éclatera toujours et les gens se rendront compte de l’entourloupe et cela peut avoir des conséquences. C’est pour cela qu’il faut être vrai et ne pas cacher son ignorance.

Dès le début de ton doctorat, ne joue pas au lion, à la place, révèle ton ignorance, accepte d’être ignorant aujourd’hui pour devenir compétent demain. Ne pas porter la peau de lion, c’est révéler son vrai soi, c’est régler les conflits internes, le combat entre les différentes parts de toi. C’est devenir authentique. Les personnes compétentes passent leur temps à révéler leur ignorance. C’est encore plus normal de ne pas savoir en thèse donc dis-le.

Sois authentique.

Exemples de syndrome de l’imposteur

Poser une question en cours

Je suis sûr que ça te soit déjà arrivé d’écouter en cours, de ne pas comprendre un concept que le professeur vient d’expliquer et de ne pas oser poser la question. Cela arrive lorsqu’on a peur de montrer son ignorance, car on présume être la seule personne avec cette question et que l’on devrait savoir. Néanmoins, il est très probable que beaucoup d’autres étudiants avaient la même question.

Mon histoire avec l’anglais et mon syndrome de l’imposteur

J’ai ressenti ce syndrome de l’imposteur lorsque j’ai commencé à apprendre l’anglais. À la BAC, j’ai eu 5/20 en anglais LV2, pour te dire mon niveau… Lors de ma seconde première année de Licence biologie, j’ai décidé de mettre à l’anglais. Quand je te dis que j’ai décidé, je suis sérieux. J’ai commencé à bosser plusieurs heures chaque jour pour m’améliorer, mais ce n’est pas le sujet de cet article.

J’ai donc rejoint le parcours bilingue, parcours proposant de suivre certains cours de ma licence en anglais. Lorsque je suis arrivé dans ce groupe, je pensais que tout le monde parlait déjà anglais et avait un super bon niveau. Entre autres, je pensais que je n’étais pas à ma place, car mon niveau était mauvais. J’essayais donc, par égo surement, de cacher mes insuffisances et mes limitations en anglais. Je manquais aussi surement de maturité et je n’ai pas réussi à unir les parts de moi pour régler les conflits internes que je rencontrais. Il est évident que tout le monde se rendait compte que mon anglais n’était pas parfait, et ce n’est pas grave.

J’ai freiné ma progression avec ce syndrome de l’imposteur. La bonne approche aurait été de commencer par régler les conflits internes que je rencontrais puis de révéler mon ignorance et mes limitations et me laisser porter vers le haut par ceux qui avaient un meilleur niveau que moi. Avec du recul, je me rends aussi compte que beaucoup de personnes de ce groupe n’étaient pas bilingues et pouvaient progresser en anglais (peut être même que ces personnes avaient le même syndrome de l’imposteur que moi et qu’en parler aurait aider tous le monde). Révéler mon ignorance aurait peut-être permis à ces personnes de faire de même, ce qui aurait pu créer une dynamique de groupe intéressante.

Et toi, ressens-tu le syndrome de l’imposteur ? Décris-le-nous en commentaire pour partager ton expérience et aider un maximum de personnes !

Poster syndrome de l'imposteur en doctorat

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Et n’oublie pas, nous sommes de vaillants doctorants prêts à se donner les moyens de réussir notre thèse !

À cœur vaillant, rien d’impossible !

Cyprien

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1 commentaire

  1. Merci pour ces textes qui éclairent grandement et disent comment sortir de cette « expérience de l’imposteur »,  » le phénomène de l’imposteur » nom utilisé à la base par les créateurs du concept, Pauline Rose Clance et Suzanne Imes, en 1978.
    L’imposteur serait celui qui a eu une enfance assez difficile ou a vécu des moments trop durs comme de la maltraitance, des humiliations ou une trop forte pression de l’entourage, ce qui fait qu’il ne peut se sentir à sa place dans un certain milieu et même dans d’autres milieux. Le problème serait lié à une image négative de soi, un manque d’estime de soi, une dépréciation de sa valeur, les autres étant toujours plus performants et plus doués. le sentiment est profond que tout ce qui arrive de bien comme une réussite, un exploit, une place à un concours n’est dû qu’à un concours de circonstances ou qu’à l’aide des autres.
    L’imposteur vivrait comme quelqu’un qui lutte pour gagner sa place mais qui sans cesse est confronté à l’idée que ce n’est pas sa vraie place car il est en dessous du potentiel demandé.
    Dévalorisation, crainte, culpabilité sont le lot de cette personne qui vit en pensant qu’un jour ou l’autre le masque va tomber et qu’aucun mérite ne lui sera reconnu.
    Il y aura alors malgré tout un travail acharné, une démultiplication d’actions, de gestes aussi un peu superstitieux car  » il faut que ça fonctionne, il faut que ça marche ».
    Mais chaque challenge validé fait passer à un autre challenge et le « perfectionnisme », la volonté décuplée de se parfaire, d’être bon en sa matière apporte en « résistance » interne ce mécanisme de défense : « je suis content mais j’ai été aidé, favorisé, ce n’est pas moi tout seul, je ne saurai pas le faire seul ».

    Alors être vrai, être soi même, dans l’authenticité de ses actes et la réflexion sur ses capacités, cela offre la possibilité de partager, d’expérimenter et de vivre en toute honnêteté afin de progresser et d’atteindre son but en étant certain que rien n’est le fruit du hasard mais est issu de la racine de sa ténacité.

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