Ce que les neurosciences nous enseignent

Dans cet article, je réponds à la question : « pourquoi je ne pourrais plus me passer des sciences aujourd’hui ? ». Ce que les sciences m’apportent chaque jour, ce sont des réponses, des réponses aux nombreuses questions que je me pose. Dans cet article, nous allons voir plusieurs exemples de questions que je me suis posées et comment les neurosciences m’ont guidé et aidé à y répondre. Nous allons parler de ce que les neurosciences nous enseignent sur la motivation, la procrastination et le stress.

Ce que les neurosciences m'apportent

Cet article fait partie d’un événement interblogueur  « Pourquoi je ne pourrais plus me passer des sciences aujourd’hui ? » organisé par Claire du blog sciences ludiques. J’ai notamment apprécié son article Pourquoi je ne crois pas en la science (avec une vérité sur la course aux articles dans le monde de la recherche).

Que nous enseignent les neurosciences sur la motivation ?

Lorsque j’étais dans la vingtaine, je me posais souvent cette question. Aujourd’hui, beaucoup de doctorants me la posent. Une réponse possible se trouve dans les neurosciences. Pour être motivé, il faut sécréter de la dopamine, une hormone impliquée dans la poursuite d’une récompense et la motivation. Cette hormone est un fuel qui nous pousse à agir pour obtenir notre récompense.

Il y a deux façons de sécréter de la dopamine. La première consiste à accomplir un besoin vital. Par exemple, si tu as faim et que l’on te donne à manger, tu auras une sécrétion de dopamine. La seconde façon consiste à poursuivre un objectif, une récompense, à anticiper une récompense. La quantité de dopamine sécrétée est proportionnelle à la difficulté de l’objectif. Si l’objectif est sur le long terme, l’augmentation de dopamine sera graduelle. C’est pour cela qu’il est important de prendre ses responsabilités.

Cela veut dire que pour avoir le désir d’agir, il faut définir des objectifs, des objectifs qui nous tiennent à cœur, peu importe l’objectif.

gratification retardée

La dopamine est aussi nécessaire pour ressentir des émotions positives. Ce qui veut dire que si tu veux être heureux, tu dois clarifier des objectifs et avoir un but.

Si tu veux aller plus loin sur le sujet, je t’invite à aller regarder cette vidéo sur la dopamine et le bonheur.

Que nous enseignent les neurosciences sur la procrastination ?

Beaucoup de doctorants ont l’impression de trop procrastiner et aimeraient vaincre ce problème. Je suis donc allé voir ce que les neurosciences nous enseignent à ce sujet.

Ce que les neurosciences nous montrent c’est que la procrastination ne provient pas d’une mauvaise gestion du temps, mais d’une mauvaise gestion de nos émotions. Nous procrastinons des actions nous procurant des émotions négatives (anxiété, frustration, peur, ennui, etc.) ou pouvant potentiellement induire des émotions négatives. Nous décidons donc de ne pas faire l’action en question pour éviter le potentiel ressenti de cette émotion négative.

Procrastiner est une stratégie d’évitement.

Cette gestion des émotions a lieu au niveau de notre amygdale. Une région cérébrale impliquée dans la détection des menaces, la gestion des émotions et le stress. Lorsque nous nous retrouvons face à cette action à faire, notre amygdale va prendre le contrôle et envoyer un message nerveux au reste du cerveau signifiant « On s’enfuit, on s’échappe, on ne passe pas à l’action, car c’est dangereux ». L’amygdale ne va plus écouter les signaux envoyés par le cortex préfrontal (notamment impliqué dans la rationalisation, contrôle des pulsions, planification, etc.) visant à nous faire agir.

Amygdale et Cortex préfrontal

J’ai rédigé un article entier sur le sujet que je t’invite à aller lire si le sujet t’intéresse.

Que nous enseignent les neurosciences sur le stress ?

Nous entendons beaucoup aujourd’hui que le stress est néfaste et mauvais pour la santé. Mais que nous disent les neurosciences sur le stress ? L’activation de l’axe de stress va entrainer la sécrétion d’acétylcholine et d’adrénaline qui vont activer de nombreux autres systèmes.

Le stress au court terme

L’activation de notre axe de stress peut avoir de nombreux effets bénéfiques au court terme. Au court terme, l’activation de notre axe de stress va améliorer notre cognition, augmenter notre concentration et augmenter l’activité de notre système immunitaire. Dans le même temps, notre système nerveux autonome va inhiber les fonctions non nécessaires comme la digestion et la reproduction. Pour faire simple, nous nous préparons au combat.

Activer notre axe de stress peut donc être bénéfique au court terme. Pour se faire, la respiration est la clé. Inspirer et expirer rapidement et longuement (25-30 fois), puis maintenir sa respiration pendant 15 secondes et répéter le processus 3 fois va augmenter notre vigilance et induire une sécrétion d’adrénaline et donc renforcer notre système immunitaire (bien sûr soit sûr que faire cela n’est pas dangereux pour toi avant d’essayer, car ce n’est pas recommandé aux personnes sujettes aux arrêts cardiaque). Une expérience scientifique a observé qu’utiliser cette technique respiratoire prévenait le développement de symptômes (fièvre, toux, etc.) à la suite de l’injection d’une substance connue pour activer le système immunitaire et induire des symptômes fiévreux.

Comment moins stresser

Le stress chronique

C’est lorsque le stress devient chronique (moyen et long terme) qu’il devient dangereux avec de nombreuses conséquences graves comme la réduction du volume de notre hippocampe (réduire de notre mémoire) par exemple. Une indication que tu es en stress chronique pourrait être qu’il affecte la qualité de ton sommeil. Certaines solutions pour réduire l’activation de cet axe de stress sont : pratiquer du sport régulièrement, avoir un bon rythme de sommeil et les communications sociales (romantiques, amicales, animales). Ces dernières sont cruciales pour notre bonne santé mentale. Nous sommes des animaux sociaux et avons besoin des autres. L’isolement social entraine la sécrétion de la tachykinine, molécule augmentant notre peur, irritabilité et altèrant notre système immunitaire. Un long repas avec sa famille et ses amis peut inhiber sa production.

Un autre outil est de maitriser sa respiration. Je ne vais pas aller en détail dans la physiologie (si cela t’intéresse, fais-le-moi savoir en commentaire), mais de longues expirations entrainent une diminution du rythme cardiaque. L’inverse est aussi vrai. L’astuce revient donc à faire 2 inspirations rapides et 1 expiration longue et lente.

Une autre solution consiste à augmenter son seuil de résistance au stress. Un outil pour faire cela consiste à augmenter volontairement notre niveau d’adrénaline : sprinter, technique respiratoire mentionnée ci-dessus, etc. Puis à calmer notre esprit. Nous avons donc notre corps étant hyperactif et notre esprit étant calme. Cela peut augmenter notre seuil de résistance au stress.

Conclusion

Si tu veux en apprendre plus sur ce que les neurosciences peuvent t’apporter, je t’invite à aller voir le podcast de Andrew Huberman (en anglais), un professeur de l’université de Stanford.

Les neurosciences apportent des réponses à de nombreuses questions que nous nous posons. N’hésite pas à commenter les questions que tu te poses !

PS : je n’ai pas mis les références, mais si le sujet t’intéresse, fais-le-moi savoir en commentaire. Je t’invite aussi à te faire ton propre avis sur PubMed 😉.

Je t’invite aussi à me suivre pour recevoir d’autres articles et vidéos sur la thèse :

Et n’oublie pas, nous sommes de vaillants doctorants prêts à se donner les moyens de réussir notre thèse !

À cœur vaillant, rien d’impossible !

Cyprien

 

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2 Réponses

  1. Merci pour cet excellent article!
    Il est vrai que les neurosciences nous apportent beaucoup pour comprendre le fonctionnement de notre tête, que ce soit dans les situations de stress, de motivation, d’apprentissage…Je ne savais pas que la procrastination était du à une mauvaise gestion des émotions! Et les doctorants passent par toutes sortes d’émotions! 🙂

  2. Merci. Articles passionnants. Qu’en est-il des aliments et des plantes riches en dopamine ? Sont-ils efficaces rapidement ou plutôt à long terme.
    Le texte concernant la respiration et le stress chronique me fait penser à l’ancrage en sophrologie ou à la restructuration en lien avec l’hypnothérapie. Un faible niveau en dopamine donne de l’épuisement, des sautes d’humeur, des déprimes, des oublis, un brouillard mental, des soucis de concentration, une prise de poids, un désir de grignoter,
    il faudrait manger par exemple, des aliments comme l’avocat, l’oeuf, la banane, les arachides, le chocolat, les amandes, les noix, les abricots, les noisettes, le lait, le poisson gras, la betterave, les fromages à pâte dure, les lentilles, les viandes blanches, l’agneau, le boeuf, le gibier par exemple. Des antioxydants comme les oranges, les carottes ; de la vitamine C et E.
    Boire du thé vert. Utiliser marjolaine, origan et curcuma.
    Des huiles de noix, de colza…
    le soleil et quelques exercices en plein air pour apporter de la vitamine D qui accentue la production de dopamine.
    Relaxation Sophrologie Méditation Prière Yoga par exemple sont utiles.
    Et la créativité. S’occuper d’un animal, écouter de la musique, jouer avec un enfant, peindre, dessiner, photographier, danser, marcher…courir, nager.
    Sucre, alcool, tabac sont artificiels mais enclenchent un processus dynamique de dopamine par contre ce n’est pas positif à la longue.
    Un bon sommeil. Zero stress.

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