Le coût de la commodité : les universités perdent-elles le contrôle de leurs données académiques ?

Les outils numériques ont révolutionné la recherche académique, en simplifiant le contrôle des données et l’accès aux ressources. Mais pour des chercheurs comme Titus Stahl, philosophe à l’Université de Groningen, ce « contrôle des données académiques » est de plus en plus préoccupant. Le problème ? Les principaux outils d’édition et de gestion de données académiques sont aux mains d’un seul acteur majeur : Elsevier.

Le coût de la commodité : les universités perdent-elles le contrôle de leurs données académiques ?

Le monopole d’Elsevier sur les données des chercheurs

Chaque outil utilisé par Stahl, chaque plateforme académique sur laquelle il publie, est détenu par Elsevier, un géant de l’édition. Or, Elsevier ne se contente pas de fournir ces plateformes : il contrôle également les données des chercheurs, des articles téléchargés aux horaires de connexion. Cette collecte massive de données, qui s’étend à des milliers de chercheurs, soulève des inquiétudes. À titre d’exemple, Eiko Fried de l’Université de Leiden a découvert qu’Elsevier avait accumulé des centaines de milliers de données sur ses activités, incluant ses affiliations, son adresse IP, et même les moments de connexion.

La transformation d’Elsevier : d’éditeur à courtier de données

Autrefois, des éditeurs comme Elsevier se concentraient sur la publication académique. Cependant, avec la montée de l’open access et de la demande de libre accès aux publications, ces éditeurs se sont tournés vers un modèle économique basé sur les données académiques. Aujourd’hui, ils revendent ces informations à divers clients, des universités aux assurances en passant par les gouvernements, transformant ainsi les données de recherche en une source de profit lucrative.

Open Access et coût élevé : une fausse solution ?

Aux Pays-Bas et dans d’autres pays, l’open access a été promu pour faciliter l’accès libre aux publications. Mais beaucoup ignorent que cette option a un coût pour les universités. En effet, pour publier en « open access gold », les universités paient des frais élevés, ou APC (article processing charges), souvent avec des marges bénéficiaires importantes pour les éditeurs. Ce modèle profite grandement aux éditeurs, tandis que les universités continuent de financer la recherche sans réel retour.

Un appel à l’indépendance des universités et une infrastructure académique durable

L’Université de Groningen, à travers des initiatives comme la Young Academy et la Open Science Community Groningen, appelle les universités à reprendre le contrôle de leurs infrastructures de données. Pour des chercheurs comme Stahl, la dépendance des universités à l’égard de grandes entreprises comme Elsevier est une menace pour la liberté académique. En développant des alternatives telles que Zotero pour la gestion des références ou en s’appuyant sur des dépôts institutionnels, les universités pourraient diminuer cette dépendance.

Vers une infrastructure académique indépendante

Construire des alternatives viables n’est pas sans défis. Mais à long terme, les avantages – en termes de coût, de sécurité des données et d’autonomie académique – sont indéniables. Les communautés académiques doivent valoriser leurs données et investir dans des infrastructures qui servent l’intérêt public et la recherche académique, et non le profit commercial.

Et vous, que proposez-vous pour résoudre ce problème ?

Article :  https://ukrant.nl/magazine/elseviers-stranglehold-on-academia-how-publishers-get-rich-from-our-data/?lang=en&fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTAAAR1u1Bo8Do-pU8qBBCF0zsKHjs7t7uzBA-cyvAlhVRUFeykXFXhB91yot50_aem_OCv1zVIEDVmlmpEePAOygQ

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