Comment gagner un financement de recherche

Comment j’ai obtenu 125 000€ pour financer ma recherche ?

Le mois dernier, j’ai obtenu un financement de 125 000 euros pour faire de la recherche à AmsterdamUMC l’année prochaine.

Mais avant de t’expliquer comment, il faut revenir un peu en arrière. Mon projet Rubicon se termine en novembre prochain. Et comme beaucoup de jeunes chercheurs, ça veut dire une chose simple : il faut trouver la suite, pour ne pas me retrouver au chômage. C’est toujours un moment particulier, plein de possibilités, mais surtout d’incertitude et d’inquiétude de ne rien trouver.

Deux options existent : trouver un poste déjà financé ou aller chercher mon propre financement.

J’aime cette seconde option.

Quand tu trouves ton propre financement, tu ne rejoins pas juste un projet. Tu construis le tien.

Et ça change tout.

Tu deviens beaucoup plus indépendant. Tu choisis tes questions, ta direction, ta manière de travailler.

C’est ce que j’avais fait pendant ma thèse. C’est ce que j’ai fait avec mon projet Rubicon. Et c’est exactement ce que je voulais continuer à faire.

Donc j’ai candidaté à plusieurs financements néerlandais : bridging grant et Veni.

L’objectif était clair : lever 125 000 et 320 000 euros respectivement pour financer mon salaire et ma recherche sur plusieurs années.

Est-ce facile ? Le financement Veni a environ 10 % de succès… et la bridging grant avait 2 financements disponibles cette année, car le nombre de financements diminue chaque année. Pour ainsi dire, la compétition est énorme. Tout le monde veut des financements. Mais il y en a très peu.

On parle “d’excellence”. Même si le mot peut déranger certains, c’est souvent ça qui est évalué : l’excellence de l’idée, l’excellence du candidat, l’excellence de l’environnement.

Mais surtout… ta capacité à la montrer et à la démontrer.

À l’écrit, comme à l’oral.

Parce qu’avoir une bonne idée ne suffit pas.

Il faut réussir à la rendre évidente pour quelqu’un qui lit ton dossier… en quelques minutes.

Obtenir un financement, que ce soit pour une thèse, un postdoc ou plus tard, c’est une étape clé dans une carrière de chercheur.

Et honnêtement, il y a une part de chance.

J’ai de très bons contacts, des personnes qui m’ont aidé, relu, challengé.

J’ai de la chance.

Mais il y a aussi des choses concrètes que j’ai mises en place… et qui font une vraie différence.

Du coup, dans cet email, j’aimerais te partager quelques conseils qui m’ont aidé, et qui m’aident encore, pour obtenir des financements.

Voilà quelques points à avoir en tête, qui me semblent très importants à comprendre :

1. La compétition est rude.

Il va falloir se démarquer, exceller et innover. Énormément de personnes vont vouloir ces financements. On a beau dire que la recherche doit être de l’entraide, au final, c’est une grosse compétition. Comme un sport de haut niveau : tout le monde veut le financement et il est rare.

2. Il va falloir travailler dur.

Avec détermination, en donnant le petit effort supplémentaire que les autres ne donneront pas. Tout doit être parfait.

Ce sont ces heures supplémentaires qui feront probablement la différence.

J’ai remarqué que lorsque je pensais que mon projet était bien rédigé… si j’y mettais quelques heures de plus pour peaufiner, améliorer davantage, changer, ajouter des figures, réduire le texte, ajuster chaque phrase pour qu’elle soit parfaite et au bon endroit… c’est là que la différence se fait.

Lorsque j’étais jury pour un travel grant, il y avait environ 10–15 % des abstracts qui se lisaient parfaitement, du premier coup, avec un flow naturel.

La majorité était difficile à lire, et je devais m’y reprendre à deux fois.

Ce sont ces heures supplémentaires qui rendent un texte parfait, simple à lire et fluide.

Bien sûr, d’autres facteurs entrent en compte, mais garde en tête que le comité va lire énormément de projets.

Ton texte doit donc se lire à la perfection d’un seul coup.

3. Travailler en équipe.

Tu as besoin d’une équipe, de personnes autour de toi pour t’aider et te guider.

Pas seulement pour apprendre à rédiger un projet ou une demande de financement, mais aussi pour recevoir du feedback lorsque tu bloques.

Quand je bloque et que je ne sais plus comment améliorer mon projet, je demande un retour.

Pour ma bridging grant, 3 personnes l’ont lu. Pour ma Veni, sûrement une dizaine.

Avoir des retours de personnes différentes, de professeurs, etc., est indispensable pour rendre son projet aussi bon que possible : voir ce qui ne va pas, ce qui fonctionne, ce qui peut être amélioré ou supprimé.

Il faut aussi essayer d’avoir accès à des versions précédentes de personnes qui ont obtenu ces financements les années passées.

Ça aide énormément à comprendre comment structurer, quoi mettre en avant, et comment formuler.

4. Comprendre exactement ce qui est demandé.

Chaque financement a ses propres attentes et exigences.

Ça veut dire qu’il faut prendre le temps de bien comprendre ce qu’on attend de toi pour adapter ton projet.

Par exemple, l’objectif de ma bridging grant est de recruter des jeunes chercheurs avec le potentiel d’obtenir d’autres financements à Amsterdam UMC. Il faut donc réussir à expliquer : pourquoi moi, pourquoi AmsterdamUMC, pourquoi j’ai la capacité d’obtenir des financements par la suite, et pourquoi la bridging est essentielle pour que j’accomplisse cela.

Une Rubicon ou une Marie Curie vise à aller à l’étranger pour développer une expertise conceptuelle ou méthodologique.

Une Veni permet de développer sa propre recherche de manière indépendante.

Certains financements veulent du “high risk, high gain”.

D’autres veulent du risque… mais contrôlé.

Regarde attentivement les critères de sélection. Ton objectif, c’est simple : cocher toutes les cases. Ils sont généralement détaillés dans le « call for proposal », souvent avec un pourcentage précis. Prends le temps de bien les comprendre, puis garde-les en tête pendant toute la rédaction pour montrer clairement que tu y réponds. Le rôle du comité est de vérifier si tu remplis ces critères.

Il faut donc orienter ton projet en fonction de ça.

Il faut savoir exactement ce qui est demandé.

Et aussi comprendre le comité : expert ou plus large ?

Ça va énormément influencer ta manière d’écrire.

Une fois que tu sais ce qui est attendu, prends le temps de voir si tu remplis les critères et si ton projet correspond réellement.

Par exemple, si un financement demande des approches pharmacologiques et que ton projet n’en contient pas, il a peu de chances d’être sélectionné.

N’hésite pas aussi à utiliser l’IA : donne-lui ton projet et demande-lui clairement si tu réponds bien aux critères, où si ce n’est pas assez clair, et comment améliorer encore la clarté et l’impact.

Voilà juste quelques points.

La semaine prochaine, je te parlerai de comment faire une présentation gagnante !

Si tu veux apprendre à financer ton projet de recherche, voici un accès gratuit au livre que j’ai écrit sur le sujet (offert en PDF pendant 5 jours) : Créez Votre Projet de Recherche : De l’Idée au Financement Réussi https://amzn.to/4cLQ0WM

Si tu veux, comme moi, pouvoir travailler sur les sujets de ton choix, c’est probablement une étape indispensable.

N’hésite pas à me dire ce que tu en penses.

Je te souhaite une bonne semaine,

À bientôt,

Cyprien

Tu peux aussi suivre les vidéos (www.youtube.com/c/CyprienGuerrin/featured), et rejoindre le groupe Telegram si tu veux aller plus loin (t.me/vaillantsdoctorants).

Si tu as aimé l'article, tu es libre de le partager ! :)

Donne moi ton avis en commentaires !

    Laisser un commentaire

    Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *